Sommet de la CEDEAO : le cap de la « tolérance zéro » face aux coups d’État

Sommet de la CEDEAO : le cap de la « tolérance zéro » face aux coups d’État

Réunis à Abuja, au Nigeria, ce dimanche 14 décembre, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pris part au 68ᵉ sommet ordinaire de l’organisation sous-régionale. Une rencontre fortement marquée par les récentes tensions politiques au Bénin et en Guinée-Bissau, sur fond de menaces persistantes liées au terrorisme dans la région.


Les discussions ont été dominées par l’actualité institutionnelle en Guinée-Bissau, secouée par un coup d’État le mois dernier, ainsi que par la tentative de putsch déjouée le 7 décembre à Cotonou, au Bénin. Ces événements ont ravivé les inquiétudes des dirigeants ouest-africains quant à la fragilité de la démocratie et à la stabilité politique dans certains États membres.


Face à cette situation, les chefs d’État ont réaffirmé avec fermeté leur attachement au principe de « tolérance zéro » à l’égard des prises de pouvoir par la force. Pour la CEDEAO, le respect de l’ordre constitutionnel demeure une condition essentielle à la paix, à la sécurité et au développement durable de l’espace communautaire.


S’exprimant avec gravité, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, a appelé à renforcer la cohésion et la crédibilité de l’institution. Il a rappelé que l’organisation, désormais réduite à 12 membres après le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso, doit faire preuve d’unité et de détermination pour faire face aux défis actuels.


Au-delà des crises politiques, la lutte contre le terrorisme est restée au cœur des échanges. Les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée, tant sur le plan sécuritaire que dans le partage du renseignement, afin de contenir la menace djihadiste qui continue de s’étendre dans plusieurs pays de la sous-région.


À l’issue du sommet, la CEDEAO a réaffirmé sa volonté d’accompagner les États membres dans la consolidation de la démocratie et de la sécurité, tout en maintenant une ligne dure contre toute tentative de déstabilisation institutionnelle. Un message clair adressé aussi bien aux acteurs politiques qu’aux forces armées de la région.

ESSILFIE Koami Isaac

Satellite d'Afrique

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