Routes togolaises : l’obscurité qui tue en silence sur la Nationale N°1

Routes togolaises : l’obscurité qui tue en silence sur la Nationale N°1

Au Togo, circuler de nuit est devenu un véritable parcours du combattant. De l’agglomération aux routes en rase campagne, l’obscurité règne en maître, exposant quotidiennement les usagers à des risques majeurs d’accidents.

Des villes plongées dans le noir

Dans plusieurs quartiers de Lomé et d’autres grandes villes du pays, les lampadaires sont pour la plupart hors service. Pannes prolongées, absence de maintenance régulière, équipements vétustes : les raisons sont multiples, mais le constat reste le même – les voies urbaines sont insuffisamment éclairées.

Même certaines routes à sens unique ne disposent d’aucun système d’éclairage public. La nuit venue, seuls les phares des véhicules tentent de percer l’obscurité. Mais loin d’être une solution, ces faisceaux lumineux deviennent parfois un danger. Les feux projetés par les voitures éblouissent les conducteurs venant en face, réduisant leur visibilité et provoquant des collisions évitables.

En rase campagne, le danger permanent

La situation est encore plus préoccupante sur les axes interurbains. En rase campagne, les routes à double sens sont dépourvues d’éclairage public. Les croisements deviennent particulièrement périlleux, notamment face aux poids lourds dont les feux de route puissants aveuglent les conducteurs venant en sens inverse.

Pris entre l’éblouissement des phares, les nids-de-poule à éviter et l’absence de marquage lumineux, certains automobilistes se retrouvent contraints de dévier brusquement leur trajectoire – parfois jusqu’à finir dans la brousse.

La Nationale N°1 : un axe à haut risque

Sur la Route nationale n°1, artère vitale reliant le nord et le sud du pays, les accidents nocturnes sont fréquents. L’obscurité persistante, combinée à l’intensité du trafic et à l’état de certaines portions de la chaussée, transforme cet axe stratégique en zone à haut risque dès la tombée de la nuit.

De nombreux accidents enregistrés ces dernières années seraient liés à ces phénomènes : éblouissement, défaut d’éclairage public, mauvaise visibilité et dégradation de la chaussée.

Une urgence sécuritaire

L’éclairage public ne relève pas du luxe, mais de la sécurité routière. L’installation et la maintenance régulière des lampadaires, notamment solaires, pourraient considérablement réduire les risques. De même, un contrôle plus strict des feux de route et une sensibilisation des conducteurs sur leur utilisation sont nécessaires.

L’obscurité ne devrait pas continuer à dicter sa loi sur les routes togolaises. Chaque nuit qui passe sans solution durable expose davantage de vies. Il est temps de faire de la lumière une priorité nationale.

ESSILFIE Koami Isaac

Satellite d'Afrique

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