Cameroun : l’ONU appelle à des enquêtes après les violences postélectorales
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est dit « vivement préoccupé » par les violences meurtrières qui ont éclaté après la réélection contestée du président Paul Biya. L’organisation exhorte les autorités camerounaises à garantir la justice et à préserver les droits fondamentaux.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du Cameroun après la proclamation, lundi, des résultats officiels de l’élection présidentielle du 12 octobre. Le président Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis plus de quarante ans, a été déclaré vainqueur avec 53,66 % des voix. Un résultat que l’opposition rejette, dénonçant des irrégularités massives.
Ces contestations ont rapidement tourné à la violence. Plusieurs personnes ont perdu la vie lors des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, selon des sources locales.
L’ONU dénonce un usage disproportionné de la force
Dans un communiqué publié jeudi, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit « vivement préoccupé » par ces violences et les pertes humaines signalées.
L’agence appelle les autorités à ouvrir « des enquêtes rapides, impartiales et efficaces » sur tous les cas de violence électorale, y compris sur l’usage « excessif ou disproportionné » de la force par les forces de l’ordre. Elle insiste également sur le respect du droit à un procès équitable pour toutes les personnes arrêtées.
« Les forces de sécurité doivent s’abstenir de tout recours à la force létale, et les manifestants doivent exprimer leurs revendications pacifiquement », a déclaré le Haut-Commissaire Volker Türk, exhortant les dirigeants politiques et leurs partisans à rejeter la violence et les discours de haine.
António Guterres prône le dialogue
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est lui aussi dit « profondément préoccupé » par les pertes en vies humaines et les blessés parmi les civils et les forces de sécurité.
Il a appelé à une « enquête indépendante et approfondie » sur les incidents et invité toutes les parties à faire preuve de retenue. Le chef de l’ONU a également plaidé pour un « dialogue inclusif » afin de traiter les griefs exprimés et de préserver l’unité nationale.
« Les différends doivent être résolus par des moyens légaux et pacifiques », a-t-il souligné, réaffirmant l’engagement des Nations unies à soutenir la paix et la stabilité au Cameroun.
Un climat politique sous tension
La réélection de Paul Biya intervient dans un contexte de méfiance politique et de tensions sociales accrues, notamment dans les régions anglophones toujours en crise.
Alors que les appels au calme se multiplient, la communauté internationale surveille de près la situation et exhorte Yaoundé à favoriser la transparence, la justice et la réconciliation nationale.
Matthieu
