France/Budget 2026 : Le gouvernement garde une « taxe joker » sur les hauts patrimoines en cas de blocage à l’Assemblée

France/Budget 2026 : Le gouvernement garde une « taxe joker » sur les hauts patrimoines en cas de blocage à l’Assemblée

À la veille du vote du projet de loi de finances, l’exécutif envisage de ressortir une mesure encore inédite : une contribution exceptionnelle sur les grandes fortunes. Un levier fiscal que Bercy garde en réserve pour tenter d’apaiser les tensions politiques et rallier une partie de la gauche.

Alors que le budget 2026 doit être voté ce vendredi à l’Assemblée nationale, l’exécutif n’exclut pas de jouer une carte encore jamais utilisée : une taxe « joker » sur les hauts patrimoines. Une mesure conçue depuis plusieurs mois au ministère de l’Économie, mais dont les contours précis n’ont jamais été rendus publics.

« C’est un peu notre carte de secours, résume un conseiller de Bercy. On la sortira en fonction de l’évolution du débat parlementaire, notamment avec les socialistes».

Une idée qui refait surface

Baptisée contribution différentielle sur les hauts patrimoines (CDHP), cette taxe est dans les cartons du gouvernement depuis le début de l’année. Elle avait été évoquée dès février par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchanin, dans Les Échos.

À l’époque, la ministre expliquait vouloir « s’assurer que la somme des impôts déjà payés soit au moins égale à 0,5 % du patrimoine, en excluant les biens professionnels, et avec un seuil proche de celui de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ». Une manière d’écarter toute inquiétude pour la grande majorité des Français, seuls les patrimoines les plus élevés étant concernés.

Une portée limitée mais symbolique

Le rendement exact de cette contribution reste difficile à chiffrer. Selon plusieurs sources au ministère de l’Économie, son impact budgétaire serait modeste, mais son poids politique, lui, pourrait s’avérer décisif.

« Rien n’est arrêté, reconnaît un haut fonctionnaire de Bercy. Ce n’est pas la piste privilégiée pour l’instant, mais elle reste une option si les négociations s’enveniment. »

Un signal politique avant tout

Face aux critiques de la gauche qui réclame davantage de justice fiscale, cette « taxe joker » pourrait servir de geste d’apaisement. Sans rétablir l’ancien impôt sur la fortune (ISF), l’exécutif enverrait ainsi un signal symbolique : les plus aisés doivent participer un peu plus à l’effort collectif.

Pour l’heure, le gouvernement préfère garder cette carte dans sa manche. Mais, comme le confie un proche du Premier ministre Sébastien Lecornu, « si le débat tourne au bras de fer, il faudra bien sortir le joker ».

La Rédaction

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